Lily Michaelides

 
               
FRENCH

INSINUATIONS

I.

S'AGITENT LES EAUX
le corps se souvient

de la fièvre de tes paroles
de la langue de ton âme

songeant au printemps
à la caresse de l'hiver

à l'orage des baisers
aux éclairs du désir

... le temps jette l'ancre
pour que la memoire descende

et que l'esprit se détende
à l'ombre des amours...

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II.

NOS CORPS
se penchaient avec le vent
nos pieds tout en bas
tels des vagues

et nos cheveux

oh nos cheveux !
tels des flammes voyageaient
au-delà de nos rêves

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III.

J'AURAIS VOULU QUE TU SOIS là
près de moi

une échelle au-dessus de la mer
une échelle sous le soleil

et pourtant
ce battement d'aile de la nature
ce sourire des fleurs

cette caresse des yeux de l'horizon
est-ce que...

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IV.

QUAND LA LÈVRE A TRANSPIRÉ
arrive l'oiseau assoiffé

avec un bec
d'une générosité vengeresse

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V.

AU FOND LA PENSEE DE LA MONTAGNE
le désespoir du temps
l'hématome sur le sein de l'horizon
la répulsion de la vérité
la vanité de l'angoisse

tant et tant d'acrobaties dans
l' étroit idiome du mental

de nouveau – tu me dis
de nouveau tu agites le calme idéal
tu pénètres dans les filets de l'esprit
tu t'accroches aux pensées
tu enregistres l'écho de ta voix

jeux de la lune du mental
c'est tout et rien d'autre

parce que tu es une femme
comme la nuit de l'hiver

Traduction: Elisabeth Mellis

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Cité de rêve

Tu veux traverser la route
atteindre la cité qui paraît belle
ayant les yeux d’une maîtresse
- le bistouri du désir epie en eux.

On dit qu’elle est bâtie sur les fondations d’un rêve
et que là le bonheur n’est pas une exagération
- il ressemble à la composition d’un parfum
avec lequel tu effleures les points cachés
emportant d’histoires et des mythes des hommes.

On dit encore que la lune
s’étend sur la cité avec tendresse
et que son baiser l’éxcite d’une manière sauvage, hédoniste
Un symbole d’immensité qui se répète
chaque fois que la nuit descend
la transformant en tempête.

L’envie t’encercle, la curiosité
Qu’est-ce qui se cache derrière les touches de l’aprés-midi safran
Or, l’obstination te pique – une attente incessante
pour le comment – le quand.

Tu vois mal à travers le voile transparent de l’imagination
Les portes grandes ouvertes
même plus grandes que tes espérances

Mais pour traverser
pour marcher en dehors de l’emblème de la solitude
pour se débarrasser du poids de temps

Il faut – sans aucune aberration
que tu traverses d’abord ce qui s’abrite en toi.

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La carte ultime

Il marchait au long des ondes lisses
ses jambes à moitié trempées dans l’eau
la gentillesse de ses mains
en empruntait quelque chose de l’harmonie tendre du matin
et dans son petit bloc à dessin
il esquissait des oiseaux marins avec les ailes ouvertes
et des poissons aux nageoires comme des minuscules avions

Dans la reflection de l’eau
scintillait le murmure de son imagination
et le souffle constant d’une solitude particulière

Mais ce qui paraissait clairement aux yeux
etait moins vivant que ce qui se cachait
derrière la peau douce des lignes
- qui accentuait la relation entre la vie
et la nostalgie de l’insaisissable

Pourtant, dans ses poches
Il gardait une dernière carte
qu’il n’hésiterait pas à remplir
d’excès et de tribulations
dont il se mettrait à aimer
l’eau, la lumière, le rapport avec la vague
symboles d’une femme
qui paralyseraient ses jours agités.

Or, il la révèlerait
en son temps.

Peut etre demain, réflechit-il

Un demain pas du tout lointain
mais toujours infini
équivalent d’une durée
quasi immobile…

Traduction: Despina Pirketti

 

 

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